Bornes de recharge : « L’importance de trouver le bon contrat d’énergie » (Antoine Garcier, Énergie d’ici)

News Tank Mobilités - Paris - Analyse n°454763 - Publié le
- +
©  Énergie d'ici
Antoine Garcier, directeur général d’Énergie d’Ici - ©  Énergie d'ici

« Le choix du contrat d’électricité doit être mis en perspective avec les possibilités de pilotage des bornes. Ce qui suppose de connaître les habitudes de recharge de son parc », indique Antoine Garcier, directeur général d’Énergie d’ici, dans une tribune en exclusivité pour News Tank le 25/09/2026.

Créé en 2016 par des producteurs indépendants d’hydroélectricité réunis au sein de l’UPLE Union des Producteurs Locaux d’Électricité , Énergie d’Ici repose sur un modèle de circuit court entre producteurs d’électricité renouvelable et consommateurs.

Économiste de formation, par ailleurs vice-président de l’Anode Association nationale des opérateurs détaillants en énergie, représentant des fournisseurs alternatifs d’électricité et de gaz en France , Antoine Garcier revient pour News Tank sur les principaux critères à prendre en compte pour choisir un contrat d’électricité destiné à alimenter des bornes de recharge en entreprise : origine de l’énergie, structure tarifaire et capacité à piloter les usages. Des arbitrages susceptibles de peser sur le coût global de la recharge comme sur la gestion des pointes de consommation.


Bornes de recharge : comment bien choisir son contrat d’électricité ?

L’électrification des flottes progresse à grands pas en France. Selon le baromètre de la mobilité Arval 2026, 67 % des entreprises disent “avoir déjà intégré des véhicules électriques ou hybrides rechargeables (PHEV Plug-in Hybrid Electric Vehicle (véhicule hybride rechargeable) ) dans leur parc”.

Pour les acheteurs, se pose alors la question de la recharge. En effet, le passage à la mobilité électrique d’une flotte de véhicules influe forcément sur la facture d’électricité d’une entreprise. Comment choisir le bon contrat d’énergie pour alimenter un réseau de bornes de recharge ? Tout se joue sur deux décisions, l’origine de l’électricité et la structure de prix retenue.

L’électricité verte, condition sine qua non

Disons-le simplement : une voiture électrique rechargée avec une électricité carbonée perd l’essentiel de son intérêt. L’Ademe le chiffre. En France, sur l’ensemble de son cycle de vie, un véhicule électrique avec une batterie de moins de 60 kWh Kilowatt-heure de capacité affiche un impact carbone deux à trois fois inférieur à celui d’un modèle thermique équivalent.

Reste l’objection classique : l’électricité verte coûterait plus cher. Dans les faits, l’écart est loin d’être systématique. Une offre verte peut tout à fait être compétitive. Le prix final dépend surtout du contrat négocié.

Une installation d’ombrières PV prend en charge la moitié de l’énergie consommée par la recharge, parfois moins d’un tiers

En matière d’énergie verte, certains pourraient être tentés de passer uniquement par de la pose d’ombrières solaires. Un moyen de se mettre en conformité avec la loi APER Accélération de la production d’énergies renouvelables - loi du 10/03/2023 . Les ombrières photovoltaïques apportent une production locale et renouvelable, précieuse pour le bilan énergétique d’un site. Mais malheureusement, elles ne peuvent pas toujours assurer la recharge complète du parc. Au mieux, une installation d’ombrières photovoltaïques prend en charge la moitié de l’énergie consommée par la recharge et parfois moins d’un tiers, d’après les professionnels du secteur.

La recharge des véhicules passe presque toujours impérativement par le réseau. D’où l’importance de trouver le bon contrat d’énergie.

Le prix, une fois la cohérence environnementale acquise

La cohérence environnementale posée, il reste à acheter cette électricité au bon prix. Et tout dépend ici de la place que la recharge occupe dans l’activité. Deux situations existent :

  • Quelques bornes sur les sites d’une entreprise. Elles constituent des points de consommation comme les autres et ont toute leur place dans l’appel d’offres global. Une consultation dédiée apporte peu.
  • Un réseau dont la recharge est le métier. La puissance des bornes doit donc dicter la structure des coûts, au point que beaucoup de grands réseaux allotissent leur consultation par type de borne.

Ces opérateurs achètent volontiers tout ou partie au spot, ce qui suppose de suivre le marché au quotidien. L’exercice reste exigeant. Selon RTE Réseau de transport d’électricité , en 2025, le prix spot moyen s’est établi à 61 €/MWh Mégawatt-heure , mais 1 807 heures ont dépassé 100 €/MWh. Pour qui gère la recharge comme une activité annexe, un contrat indexé ou une formule bloc plus spot offre un compromis nettement plus confortable.

Pour trouver le bon équilibre, l’acheteur gagne à s’appuyer sur un fournisseur d’énergie, comme Energie d’Ici. Il aide l’acheteur à analyser ses profils de consommation, à choisir la structure de prix adaptée, puis à ajuster sa stratégie d’achat au fil de l’évolution du parc et des marchés.

Le pilotage de la recharge, un élément incontournable

Le choix du contrat d’électricité doit être mis en perspective avec les possibilités de pilotage des bornes. Cela suppose de connaître les habitudes de recharge de son parc. Prenons l’exemple d’une flotte professionnelle dont les véhicules se branchent en fin de journée vers 18h. Cette opération génère un appel de puissance qui peut peser sur la facture d’énergie.

Il est donc nécessaire de s’équiper d’outils de gestion qui répartissent la charge et évitent les dépassements de puissance souscrite facturés au titre du TURPE Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité . Rappelons que le TURPE, l’acheminement de l’électricité, représente parfois plus de 30 % de la facture d’électricité d’une entreprise.

Demain, le V2G se démocratisera

Le pilotage intelligent permet de décaler la recharge pendant la nuit, en heures creuses. Le principe n’a rien de nouveau : les ménages français l’appliquent depuis longtemps avec leur chauffe-eau, qui peut se déclencher automatiquement en heures creuses. La flotte électrique reprend cette logique à plus grande échelle, avec un atout de taille. Les véhicules restent souvent branchés toute la nuit, ce qui laisse une large fenêtre de recharge.

Selon le contrat négocié, l’entreprise peut ainsi bénéficier de prix plus attractifs. Cette souplesse a une valeur commerciale. Un acheteur capable de démontrer qu’il chargera en dehors des heures de pointe obtient bien souvent un meilleur prix de son fournisseur.

Sans compter que demain, le V2G Vehicle-to-grid. Exploitation des véhicules électriques qui sont connectés au réseau comme moyen de stockage d’électricité en renvoyant l’électricité vers le réseau ou en réduisant le taux de charge. se démocratisera. L’électricité stockée dans les batteries pourra être revendue au réseau électrique. Les entreprises pourront donc faire valoir cette capacité de stockage. L’opportunité d’optimiser toujours plus le budget énergie de l’entreprise !

©  Énergie d'ici
Antoine Garcier, directeur général d’Énergie d’Ici - ©  Énergie d'ici