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Think Mobilités 2024 : « Signe positif, une courbe d'émissions en baisse » (B. Perrissin Fabert, Ademe)

News Tank Mobilités - Paris - Actualité n°318954 - Publié le 21/03/2024 à 11:11
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©  Sébastien Lascoux
Baptiste Perrissin Fabert lors du Think Mobilités - ©  Sébastien Lascoux

« La part du secteur des transports dans les émissions de gaz à  effet de serre fléchissait jusqu’alors peu, à l’inverse d’autres secteurs comme l’agriculture. C'était décourageant, mais on commence à percevoir les prémices d’une inversion de la courbe », indique Baptiste Perrissin Fabert Directeur général délégué en charge du pôle expertise @ Ademe • Doctorat en économie @ AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement)
, directeur général délégué de l’Ademe • Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle conjointe du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l’Enseignement supérieur… , lors de sa keynote « Quels soutiens à la décarbonation ? », en ouverture du Think Mobilités « Décarbonation des mobilités : quels investissements, coordination et compétences ? » organisé par News Tank Mobilités le 19/03/2024.

280 personnes étaient inscrites à l'événement qui s’est tenu de 9h à 14h à Sorbonne Université, Campus Pierre et Marie Curie (Paris).

Sa prise de parole était précédée de la keynote « La coopération territoriale au service de la résilience » par Pascal Berteaud, directeur général du Cerema • Établissement public à caractère administratif qui fournit un appui aux collectivités en matière d’ingénierie et d’expertise technique - placé sous la tutelle du ministère de la Transition… , et suivie par d’autres keynotes sur les thématiques suivantes :
• « Leviers de décarbonation : entre technologie et sobriété », par Aurélien Bigo Doctorant puis chercheur associé @ Chaire Energie et Prospérité (partenariat entre Polytechnique, l'École Normale Supérieure et l’Ensae ParisTech
, chercheur associé à la Chaire énergie et prospérité de l’Institut Louis Bachelier ;
• « Trajectoire partagée et ambitions d’un exploitant ferroviaire » par Loïc Brabant Directeur RSE à la direction TER @ SNCF voyageurs
, directeur RSE Responsabilité sociétale des entreprises TER Transport express régional , SNCF Voyageurs.

Six tables rondes étaient également au programme.


« Un panel diversifié de soutiens à la décarbonation » (B. Perrissin Fabert, Ademe)

« Les transports représentent près du tiers des émissions de gaz à effet de serre. De façon tendancielle, cette part du secteur dans les émissions de GES gaz à effet de serre fléchissait jusqu’alors peu, à l’opposé d’autres secteurs comme l’agriculture. C'était décourageant, mais on commence à percevoir les prémices d’une inversion de la courbe. 

Une stratégie en trois axes

Á l’Ademe, nous appréhendons l’enjeu de décarbonation à travers une stratégie en trois axes. Ces axes structurent les leviers de décarbonation que nous soutenons. Ils sont les suivants :

  • L’axe “maîtriser” qui consiste à questionner nos besoins, à travailler sur la demande, sur les comportements et comment tendre vers davantage de sobriété ;
  • Avec l’axe “reporter”, il s’agit de se demander comment on peut favoriser le report vers des modes plus économiques, vertueux et par conséquent plus massifiés, en soutenant le report vers le ferroviaire ou le fluvial ;
  • Axe “optimiser” : Dans un contexte d'économie prospère et pour le bien-être des gens, le besoin de se déplacer restera toujours présent. Arrivés à un point où nous avons exploité toutes les possibilités et activé tous les curseurs du report modal, il est crucial de se tourner vers l’innovation, et d’optimiser les solutions technologiques existantes.
    • C’est dans ce troisième axe que nous logeons nos travaux portant sur les carburants alternatifs, pour l’aviation ou la mobilité lourde. »

Panorama des soutiens

« Nos soutiens prennent une diversité de formes. Cela va du soutien de l’expertise, de la prospective jusqu'à l’appui à des projets très concrets, d’innovation ou de déploiement. L’approche systémique étant dans l’ADN de l’agence, dès lors qu’il s’agit de prospective la question à se poser est “comment cela boucle”. »

« Prenons l’exemple du secteur aérien, avec lequel nous avons collaboré pour développer sa stratégie de décarbonation. Initialement, ce secteur se concentrait surtout sur l’optimisation. Notre intervention a consisté à approfondir la réflexion car pour atteindre la neutralité carbone, à un moment donné on se heurte à des talons d'émissions résiduelles difficiles à viser et à réduire. C’est précisément à ce stade qu’il devient essentiel de questionner les comportements et de s’interroger sur la sobriété. Dans le secteur aérien, le PDG d’Aéroports de Paris a d’ailleurs souligné qu'à terme, la réduction du trafic aérien deviendra incontournable pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. »

Apporter des ordres des grandeurs

« Concernant un autre point, les carburants aériens durables qui ont fait l’objet à la fin 2023 d’un avis d’experts, on réalise qu’ils ne représentent pas une solution miracle. Il y a clairement de multiples obstacles et goulots d'étranglement, notamment concernant le carbone biogénique - qui est essentiel pour être combiné avec de l’hydrogène décarboné afin de produire ces fameux e-carburants - mais aussi en ce qui concerne la capacité de production d'électricité. En collaboration avec le secteur aérien, nous leur avons proposé de nous indiquer la quantité de SAF Sustainable Aviation Fuel, ou carburants d’aviation durables nécessaire selon leurs prévisions de trafic.

Après calculs, il apparaît qu’il serait nécessaire de construire six réacteurs EPR Réacteur pressurisé européen (European pressurized reactor) juste pour la production d'électricité ! Pourquoi pas, mais c’est un choix industriel qui n’est pas neutre. Pour l’Ademe, l’expertise implique ainsi de fournir les bons ordres des grandeurs, avec l’objectif d’aider à comprendre “comment cela boucle”. »

Autre volet, nos dispositifs financiers de soutien. Par exemple nous en avons, à travers France 2030, afin d’accompagner des actions d’innovation, de décarbonation ou de digitalisation ferroviaire. Un secteur où il reste beaucoup à faire. Nous accompagnons aussi le déploiement de bornes de recharge de véhicules électriques, qu’il s’agisse de véhicules légers ou de poids lourds. REMOVE est un autre programme important, il permet d’accélérer le développement à grande échelle du report modal des marchandises de la route vers le fleuve, le rail, et l’amélioration de la performance énergétique. Sans oublier le programme AVELO, sur lequel on travaille avec le Cerema et grâce auquel 650 collectivités ont été accompagnées dans la définition de leurs stratégies cyclables. 

« Un panel d’outils variés »

« Nous disposons donc d’un vaste panel d’outils, je suis conscient qu’il peut sembler disparate, semblable à un patchwork. Je mentionnerai donc pour conclure un programme qu’on s’est efforcé d’intégrer ; il s’agit d’un programme phare pour l’Ademe et d’innovation radicale. Il permet de lier les enjeux de sobriété, les enjeux d'économie circulaire et ceux d’innovation : il s’agit de l’eXtrême Défi. L’ambition est de créer une filière industrielle des véhicules intermédiaires. Ces véhicules se situent entre les gros vélos électriques et les petites voitures électriques. 

Nous avons la conviction que ces “objets roulants” peuvent répondre à 6 % des besoins de déplacement, en particulier dans les zones rurales où les options de transport collectif sont limitées et où il est nécessaire de trouver des solutions durables et peu coûteuses. Le cahier des charges du programme est très exigeant : nous devons concevoir des objets dix fois plus légers, plus durables, entièrement reconditionnables et, surtout, dix fois moins coûteux. C’est toute une filière qui est en train de se structurer, nous accompagnons une cinquantaine d'équipes à différents stades de maturité. Pour certaines, c’est un concept sur le papier, d’autres sont prêtes à déployer des usines. »

« Nous avons conçu ce programme de manière holistique. A l’intérieur du projet, pour “cracker” un sujet particulier, nous allons lancer un appel à projets de recherche ou bien un AAP Appel à projets pour re-différencier des solutions technologiques. On encourage les équipes à collaborer sur des briques technologiques fondamentales telles que le châssis et la batterie. Ces véhicules ont des besoins qui sont similaires sur certaines composantes. L’objectif est d’aller très vite pour procéder à l’industrialisation de ces composantes puis d’assembler les véhicules partout sur le territoire via des usines distribuées. C’est tout le concept, nous avons beaucoup d’ambition sur le sujet et l’intention de le décliner sur d’autres secteurs. Et aussi, dans les cartons, un programme sur la logistique. »

Baptiste Perrissin Fabert, directeur général délégué de l’Ademe, lors de Think Mobilités le 19/03/2024.

Baptiste Perrissin Fabert


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Parcours

Ademe
Directeur général délégué en charge du pôle expertise
Ademe
Directeur général délégué par intérim
Ademe
Directeur exécutif de l’expertise et des programmes
Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Directeur du cabinet de Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire
Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Conseiller économie et finances vertes et économie circulaire au cabinet de Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire
France Stratégie
Économiste du développement durable
Ministère de l’Environnement, de l'énergie et de la mer
Économiste du climat
Centre international de recherche sur l’environnement et le développement
Chercheur
Banque mondiale
Consultant auprès du Chief Economist du réseau Développement Durable
Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Chargé de mission auprès du délégué général au Conseil économique pour le développement durable (CEDD)

Établissement & diplôme

AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement)
Doctorat en économie
AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement)
École nationale du Génie rural, des eaux et des forêts
AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement)
Master en économie de l’environnement, mention très bien
École normale supérieure Paris-Saclay (ENS Paris-Saclay)
Master en humanités modernes : économie, sociologie, philosophie et histoire

Fiche n° 50610, créée le 09/01/2024 à 18:01 - MàJ le 09/01/2024 à 18:03

Ademe

• Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle conjointe du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation
• Création : 1991
- Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe), renommée Agence de la transition écologique en 2020
• Mission : participer à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l'énergie et du développement durable
• Actions dans la mobilité : soutien à l’innovation sur les offres de mobilité partagée ; suivi du développement de la mobilité électrique ; animation des acteurs du numérique pour développer les solutions de type Maas ; accompagnement des territoires
• Implantations : trois services centraux à Angers, Montrouge et Valbonne, 27 implantations dans 17 directions régionales en métropole et en outre-mer, trois représentations dans les territoires d’outre-mer
• Budget 2024 : 4,2 Md€
• Effectif : 1 220 collaborateurs dont 498 en région (2023)
Président : Sylvain Waserman (juillet 2023)
• Contact : Caroline Marek, directrice de cabinet du président
• Tél. : 01 47 65 20 00


Catégorie : Agence publique


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Fiche n° 10266, créée le 29/09/2020 à 10:17 - MàJ le 09/04/2024 à 15:21

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Baptiste Perrissin Fabert lors du Think Mobilités - ©  Sébastien Lascoux