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Routier : « Safra va proposer un autocar hydrogène en retrofit au meilleur prix » (V. Lemaire)

Paris - Publié le jeudi 11 février 2021 à 10 h 00 - n° 208021 «  15 autocars à hydrogène vont être développés d’ici à 2023 dans le cadre du projet OccHyTarn. L’idée est de retrofiter des véhicules de 7 ou 8 ans d’âge, appartenant au parc de la Région Occitanie, dans lesquels on va retirer le moteur, la boîte de vitesse, l’échappement pour les remplacer par un système à hydrogène  », déclare à News Tank Vincent LemaireVincent Lemaire, président de SafraSafra, le 11/02/2021.

«  Nous sommes en capacité de mutualiser un certain nombre de composants, utilisés pour le Businova H2. En massifiant les volumes, on peut réduire nos coûts et proposer un autocar hydrogène au meilleur prix pour les transporteurs  », indique-t-il.

«  Le chantier de rénovation des rames TER Occitanie représente une première pour Safra, sur le ferroviaire lourd. Il y a 700 rames AGC en France, qui ont été achetées par les Régions suite au transfert de compétence TER. Il y aura aussi des choses à faire sur les trains bi-mode diesel électrique. Safra a acquis l’expérience nécessaire pour contribuer à élaborer des solutions  », ajoute-t-il.

Vincent Lemaire détaille les projets de développement de la PME albigeoise spécialisée dans la rénovation des véhicules routiers, ferroviaires et dans les applications hydrogène.
Vincent Lemaire - © D.R.
Vincent Lemaire - © D.R.

Safra va équiper 15 autocars à hydrogène pour la Région Occitanie. Comment ce projet est-il né ?

La Région Occitanie est très mobilisée sur le développement de l’hydrogène. Carole Delga a été pionnière avec le programme REPOS (Région à énergie positive), et le lancement d’un appel à projet en juillet 2020. Deux stations vont être construites dans le cadre du projet OccHyTarn, soutenu par la Région et coordonné par le syndicat départemental d’énergie du Tarn, dans lequel Safra est engagé. Les 15 autocars à hydrogène constitueront l’un des gros consommateurs d’hydrogène vert. L’idée est de retrofiter des véhicules de 7 ou 8 ans d’âge, appartenant au parc de la Région, dans lesquels on va retirer le moteur, la boîte de vitesse, l’échappement pour les remplacer par un système à hydrogène.

Le retrofit suppose de faire du retro-engineering en travaillant sur un véhicule que nous n’avons pas conçuCela implique un travail de longue haleine, avec le processus d’homologation. Avril 2021 est le T0 du projet, même si nous avons démarré en amont. L’enjeu est de finaliser le projet d’ici la fin 2023. Il faut compter un an d’études, un an de réalisation de prototype et d’homologation, avec beaucoup d’échanges avec les services de l’Etat. Cela suppose de faire du retro-engineering en travaillant sur un véhicule que nous n’avons pas conçu. Mais ce sont nos champs de compétences historiques. La rénovation d’autocars est la première activité de Safra.

De quelle manière ces autocars vont-ils contribuer au modèle global de développement de l’hydrogène en Occitanie ?

Le développement des usages est indispensable à l’équilibre financier des stations. Quand on a 15 autocars à hydrogène qui circulent et consomment chacun 25 kg par jour, cela garantit aussi la demande. Les stations du programme OccHyTarn doivent également alimenter des remorques frigorifiques ainsi que des utilitaires et bus urbains pour l’agglomération. Ces questions de passage à l’échelle sont déterminantes pour la filière et vont permettre de faire baisser les coûts  

Il s’agit également d’une première. Le marché est-il prêt pour ce type de véhicule ?

Sur un véhicule de 7 ou 8 ans d’âge, le coût d’acquisition est déjà amortiAcheter un autocar neuf à hydrogène est impossible aujourd’hui, puisque le produit n’existe pas sur le marché. De plus, étant donné les surcoûts liés à la technologie hydrogène, l’équation économique est compliquée, encore davantage qu’en urbain. Sur un véhicule de 7 ou 8 ans d’âge, le coût d’acquisition est déjà amorti. De plus, nous sommes en capacité de mutualiser un certain nombre de composants, utilisés pour le Businova H2. En massifiant les volumes, on peut réduire nos coûts et proposer un véhicule au meilleur prix pour les transporteurs. Il est possible aussi d’industrialiser les processus de retrofit, et là encore de faire baisser les coûts.

Peut-on être à la fois un spécialiste du retrofit et un pionnier de l’hydrogène ?

Si nous avons décidé de démarrer la construction d’un matériel comme le Businova H2, c’est parce qu’il y a dix ans, le retrofit n’était pas possible. Nous avions des demandes de gazéification d’autobus de la part des opérateurs. On parlait encore très peu d’électrification, mais le retrofit n’était pas autorisé par la réglementation en France. C’est possible depuis avril 2020.

Cinq Businova H2 sont actuellement en cours de livraison à Auxerre. Il en existe déjà six en circulation sur le réseau Artois-Gohelle, cinq à Versailles, un au Mans. - © D.R.

En passant de la rénovation d’autocars au ferroviaire, Safra fait-elle le grand écart ?

La rénovation des rames TER représente une première pour Safra, sur le ferroviaire lourdSafra a été fondée en 1955. Jusque dans les années 1980, on ne travaillait que sur des autocars. Ensuite, nous sommes venus sur l’urbain, avec des opérations de rénovation de matériel. Puis à partir des années 2000 sur le ferroviaire urbain, avec des tramways. Le chantier des rames TER représente une première pour Safra, sur le ferroviaire lourd. Il y a 700 rames AGC en France, qui ont été achetées par les Régions suite au transfert de compétence TER. Il y aura aussi des choses à faire sur les trains bi-mode diesel électrique. Safra a acquis l’expérience nécessaire pour contribuer à élaborer des solutions.

Les savoirs de base restent les mêmes. L’ingénierie diffère, mais nous avons acquis une certaine agilité qui est très précieuse. Nous avons tout intérêt à cultiver ces polycompétences dans l’entreprise. Et cette évolution stratégique nous conduit à recruter, ce qui est plus facile pour les fonctions des services support et des ingénieurs qu’à l’atelier. C’est aussi à nous de faire découvrir nos métiers, et de montrer le potentiel d’emploi qui existe pour les garnisseurs, les peintres, les monteurs, les soudeurs… à nous d’attirer les salariés, de faire des efforts de formation avec l’AFPA, les lycées professionnels et les chambres des métiers. C’est un gros challenge, peut-être même le principal. Nous participons pleinement à la réindustrialisation de notre pays.

La crise sanitaire semble avoir accéléré la prise de conscience de l’urgence environnementale. Comment cela se traduit-il pour Safra ?

En 2020, nous nous sommes concentrés sur les référencements CATP et UGAPNous avons la chance d’être sur le segment du transport public. Même si le secteur souffre, le potentiel demeure. La baisse de fréquentation et les baisses de recettes réorientent les investissements vers des solutions très qualitatives et vertueuses pour l’environnement. La réglementation évolue également dans cette direction, qui répond d’ailleurs aux attentes de nos concitoyens.

En 2020, nous nous sommes concentrés sur les référencements CATP et UGAP, à une période où il n’y avait pas d’appels d’offres urbains en raison du report du 2e tour des élections municipales. A présent, beaucoup de dossiers d’acquisition d’autobus H2 sont financés dans le cadre du plan hydrogène de 2019 et du plan de relance 2020. Avec ces moyens, les agglomérations et métropoles peuvent lancer les actes d’achats. Dijon est la première à lancer un appel d’offre de 27 véhicules. Montpellier va suivre avec 21 véhicules et bien d’autres villes, particulièrement en France. Nous faisons beaucoup de pédagogie auprès de nos clients sur les stations, les électrolyseurs pour un hydrogène vert, tout l’écosystème. L’hydrogène permet de faire le plein en 15 minutes, avec zéro émission sur le roulage. Nous sommes les seuls à proposer une technologie européenne et même française avec Symbio, contrairement à nos concurrents qui ont recours à des technologies asiatiques ou nord-américaine.

Safra a-t-elle les moyens de franchir cette nouvelle étape de développement ? 

Nous nous apprêtons à ouvrir le capital de l’entreprise. Nous annoncerons prochainement un partenariat avec un acteur financier spécialisé sur des valeurs environnementales, et prêt à s’engager sur le temps long, avec une vraie synergie stratégique. On ne peut pas passer cette étape de forte croissance uniquement avec nos ressources internes et de l’argent public mobilisé activement et pertinemment par l’Etat et les Régions.

 

Vincent Lemaire
Fiche n° 42881, créée le 10/02/21 à 17:42 - MàJ le 10/02/21 à 18:27

Vincent Lemaire



Parcours Depuis Jusqu'à
Safra
Président Octobre 1992 Aujourd'hui
Octobre 1992 Aujourd'hui
Êtablissement & diplôme Année(s)
Ecole nationale supérieure des Arts et métiers
Ingénieur 1991
1991

Safra
Fiche n° 10373, créée le 30/09/20 à 15:38 - MàJ le 10/02/21 à 10:16

Safra

• Société albigeoise de fabrication et réparation automobile (Safra) et constructeur de véhicule de transport public
Création : 1955
Activités : réparation automobile, dépannage ; matériel de transport public (rénovation et construction d’autobus urbains électriques ou à hydrogène) ; aménagement d’espaces tertiaires (commerces, bureaux…)
- 30 autobus Businova produits par an
Chiffre d’affaires : 10,32 M€ (2019), 28,36 M€ (2018)
Effectifs : 250 employés
Président : Vincent Lemaire
Président du conseil de surveillance : Serge Bodoira
Contact : Emmanuelle Saux, communication et marketing (05 63 48 44 10)
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