Début

TER Nouvelle-Aquitaine : « Investir sur le réseau pour atteindre 95 % de régularité » (Renaud Lagrave)

Paris - Publié le lundi 4 janvier 2021 à 12 h 31 - n° 204001 « Atteindre 95 % de régularité est l’élément primordial du contrat de performance signé avec SNCF RéseauSNCF Réseau. Ce contrat fixe notamment les engagements de SNCF Réseau en termes de moyens humains, ce qui permet de sécuriser les travaux et leur planning », déclare à News Tank Renaud LagraveRenaud Lagrave, vice-président de la Région Nouvelle-AquitaineRégion Nouvelle-Aquitaine chargé des Infrastructures, des Transports de la mobilité, le 04/01/2021.

« Une partie des péages vont basculer en investissements au fur et à mesure de l’engagement des investissements régionaux. Aujourd’hui, sur un total de 300 M€ de fonctionnement, on paie 60 M€ de péages qui vont abonder le fonds national de SNCF Réseau », ajoute-t-il.

« Mettre les opérateurs en concurrence n’a aucun sens si l’on ne résout pas d’abord les problèmes de régularité et de qualité de service. Ensuite, on verra bien… Quand l’Etat a lancé son appel d’offre sur le TET Nantes - Bordeaux, il n’a pas prévu d’amélioration de l’offre, et les Régions concernées n’ont pas été associées en amont. Le résultat n’est pas surprenant : les opérateurs privés ont renoncé. »

Réseau, qualité de service, ouverture à la concurrence… Renaud Lagrave détaille la stratégie ferroviaire de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Renaud Lagrave - © A_Gilbert
Renaud Lagrave - © A_Gilbert

« Ma priorité reste l’état du réseau »

La Région Nouvelle-Aquitaine a signé un contrat de performance avec SNCF Réseau. Qu’en attendez-vous ?

Atteindre 95 % de régularité est l’élément primordial du contrat signé avec SNCF Réseau. Nous avons voulu nous donner les moyens financiers nécessaires pour atteindre ce niveau de qualité de service, dans le cadre des dispositions budgétaires votées en Plénière les 17 et 18/12/2020, en articulation avec le volet régional du plan de relance et dans la lignée du plan directeur d’investissement ferroviaire, le PDI Fer adopté en 2018.

Les crédits destinés à l’entretien des voies ne sont pas nécessairement mis en œuvre, faute de moyens humains à la disposition de SNCF Réseau. Résultat : on continue de voir des trains annulés et des retards récurrents. Le contrat de performance fixe notamment les engagements de SNCF Réseau en termes de moyens humains, ce qui permet de sécuriser les travaux et leur planning.

D’autre part, une partie des péages vont basculer en investissements au fur et à mesure de l’engagement des investissements régionaux. Aujourd’hui, sur un total de 300 M€ de fonctionnement, on paie 60 M€ de péages qui vont abonder le fonds national de SNCF Réseau.

Trois contrats avec les filiales SNCF

Trois contrats avec les filiales SNCF

• Signée en mai 2019, la convention TER 2019-2024 est la première à l'échelle de la grande Région Nouvelle-Aquitaine, résultat de la fusion des trois Régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. 60 000 usagers empruntent les TER qui circulent sur plus de 3 410 km de lignes en Nouvelle-Aquitaine. 

La Région consacre près de 300 M€ par an pour notamment prendre en charge 80 % du coût du trajet payé par le voyageur. SNCF Voyageurs s’engage à une régularité de 93,2 %. Le système de système de bonus/malus est passé de 445 000 € précédemment sur les trois conventions à 3,4 M€ maximum par an. La hausse de la fréquentation attendue est de 8 % par an (hors Covid).  

La convention comprend le programme Optim’TER, qui concerne les lignes de l'étoile de Périgueux et la vallée de la Dordogne. L’offre de trains augmente de 20,2 % avec des horaires cadencés et une meilleure complémentarité rail-route.

• Signé en décembre 2020, le contrat de performance avec SNCF Réseau porte sur la période 2021-2028 et s’appuie sur trois piliers :

- un engagement de SNCF Réseau à se doter des moyens humains nécessaires pour respecter le calendrier ciblé de régénération et de modernisation du réseau ferroviaire néo-aquitain,

- un engagement de SNCF Réseau à contribuer à un taux de régularité cible de 95 % pour les TER en 2024

- un engagement de SNCF Réseau pour associer la Région au processus d’achat. 

Après les Régions Provence Alpes-Côte d’Azur et Normandie, Nouvelle-Aquitaine est la troisième à signer un contrat avec SNCF Réseau. 

• Signée en décembre 2020, la convention-cadre avec SNCF Gares & Connexions porte sur 2020-2026 et vise à enclencher un programme de modernisation des gares et haltes régionales. 130 gares sont concernées avec une subvention régionale de 24 M€, dont 3,5 M€ pour traiter 20 gares en 2021. L’objectif est d’améliorer le confort des arrêts ferroviaires, l’accessibilité, l’information et l’intermodalité. 

Cela suffira-t-il à remettre à niveau le réseau ferré néo-aquitain ?

La Région Nouvelle-Aquitaine comprend la plus forte proportion de lignes 7 à 9La Région s’est engagée à hauteur de 532 M€ sur la période 2019-27 via le PDI Fer. Nous continuons à dérouler ce plan, en avance de phase dans le cadre du plan de relance mais au-delà, notre souhait est de voir figurer au prochain contrat de plan Etat-Région tout ce qui n’a pas été financé jusqu’à présent. 

Trois CPER avaient été signés en 2015, avant la réforme des Régions. L’Etat n’a pas souhaité les fusionner. Le nouveau CPER interviendra à l’issue des deux ans du plan de relance, qui vient solder en partie les manquements sur les CPER actuels. Or, depuis la réforme ferroviaire, SNCF Réseau ne participe plus à hauteur de 8,5 % aux investissements, cette part étant désormais prise en charge par l’Etat. Les investissements sur le réseau ferroviaire prévus dans le cadre du plan de relance restent en-deçà de ce que nous attendions.

La Région Nouvelle-Aquitaine comprend la plus forte proportion de lignes 7 à 9, devant l’Occitanie. N’oublions pas que nous avons fusionné trois Régions, l’Aquitaine, le Limousin et Poitou-Charentes. Notre réseau ferroviaire est dans un état catastrophique : il faudrait 1,2 Md€ pour le remettre à niveau. Les limitations de vitesse se multiplient sur les lignes vieillissantes, qui sont de surcroît les plus vulnérables aux intempéries.

Et pourtant, les sommes investies par les Régions pour le maintien de l’infrastructure ferroviaire ne cessent de croître…

On nous dit : « soit vous payez, soit on ferme »Le problème c’est que la Région agit au-delà de ses compétences. Dans les autres pays européens, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne, l’Etat a mis des milliards d’euros pour faire revivre le ferroviaire. En France, ce sont les Régions, qui n’ont pourtant aucune compétence et aucune ressource en la matière, qui se retrouvent obligées de jouer ce rôle. Le chantage dure depuis des années. On nous dit : « soit vous payez, soit on ferme ». C’est ce qui est arrivé sur Angoulême - Limoges du fait du désengagement de l’Etat et de la SNCF. Et c’est la Région qui a financé la remise à niveau de l’infrastructure sur Brive - Saint-Yrieix.

L’ouverture à la concurrence des TER  n’est-elle pas une solution ?

Ma priorité reste l’état du réseau. Mettre les opérateurs en concurrence n’a aucun sens si l’on ne résout pas d’abord les problèmes de régularité et de qualité de service. Ensuite, on verra bien… Est-ce que d’autres opérateurs pourront faire mieux ? Oui, à condition que le plan de transport et les financements soient clairement définis avec les Régions. C’est la raison pour laquelle nous avons challengé la SNCF en préparant la convention TER 2019-24, qui doit nous faire gagner 50 M€, hors Covid.

Quand l’Etat a lancé son appel d’offre sur le TET Nantes - Bordeaux, il n’a pas prévu d’amélioration de l’offre, et les Régions concernées n’ont pas été associées en amont. Le résultat n’est pas surprenant : les opérateurs privés ont renoncé.

Faudrait-il davantage de décentralisation ?

Après la reprise de la dette de SNCF Réseau par l’Etat, c’est Bercy qui fait la loiL’ouverture à la concurrence a été un succès en Allemagne pour deux raisons principales. D’abord parce que le réseau ferré avait été remis en état, et que des opérateurs ont été autorisé à rouvrir des lignes fermées. D’autre part, parce qu’il existait déjà de nombreux opérateurs de proximité semi-publics, portés par les Länder, dans lesquels des acteurs privés ont pu investir. La réflexion a été menée au niveau régional, avec le soutien de l’Etat et en toute transparence.

Après la reprise de la dette de SNCF Réseau par l’Etat, c’est Bercy qui fait la loi. On fait circuler d’abord le fret, les TGV et le TET, et SNCF Réseau réserve les sillons restants aux Régions. Ce n’est pas du tout le même modèle qu’en Allemagne, où le travail a été effectué de façon conjointe et transparente, avec un Etat facilitateur. C’est la même chose en Suisse, où l’Etat dialogue avec les cantons et les communes, ce qui permet de définir aujourd’hui le service pour 2035, en tenant compte des opérations de maintenance nécessaires.

La convention TER Nouvelle-Aquitaine 2019-24 fixe un objectif d’augmentation de fréquentation de 8 % par an. La crise sanitaire va-t-elle remettre en question ce rythme de progression ?

Il est encore trop tôt pour fixer de nouveaux objectifs. La fréquentation de nos TER augmentait de 10 % par an depuis 2017, soit le double de la moyenne nationale. Nous avons besoin d’un peu de temps pour nous projeter en tenant compte des changements intervenus dans les besoins de mobilité, comme la pérennisation du télétravail ou l’augmentation de la part des modes actifs. Nous allons tirer les conséquences de la pandémie, mais ce qui m’importe avant tout, c’est de trouver les voies et les moyens de réinventer les mobilités. Si nous améliorons l’offre grâce au programme Optim’TER, je suis persuadé que les voyageurs reviendront vers les transports publics.

Les Régions auront-elles encore les moyens de maintenir une offre TER attractive ?

Le véritable enjeu est de donner aux Régions les moyens de maintenir une offre attractiveLe total des déficits des conventions TER avoisine les 650 M€ pour l’ensemble des Régions françaises, hors Ile-de-France. Cela nécessiterait un soutien dynamique de la part de l’Etat, à l’instar de ce qui a été fait pour les Métropoles. On nous dit que ces sommes vont être récupérées dans les futurs CPER sous forme d’investissement. Mais nous avons besoin de ressources de fonctionnement immédiates.

Le véritable enjeu est de donner aux Régions les moyens de maintenir une offre attractive. Or, les Régions sont les seules autorités organisatrices à ne pas bénéficier du soutien de l’Etat pour compenser les manques à gagner liés à l’épidémie de Covid-19.

Les Régions demandent le rétablissement d’une ressource dédiée aux transports et à la mobilité. Faut-il recourir à la fiscalité en période de crise économique ?

Si l’on considère que l’avenir est aux transports décarbonés et au report modal, pour les voyageurs comme pour les marchandises, il faut des moyens pour y parvenir. La taxe carbone pourrait être appliquée sur les transports internationaux, et l’on pourrait rétablir la redevance kilométrique… Nous avions aussi proposé une taxe sur les bureaux, applicable par exemple autour de la gare de Bordeaux, grâce à la mise en service de la LGV. C’est une question de courage politique.

Comment le transport routier est-il articulé au réseau ferroviaire régional ?  

Quand nous avons repris la compétence sur les transports scolaires et interurbains en septembre 2017, nous avons immédiatement lancé une étude pour évaluer la qualité du maillage régional. Nous avons identifié les manques et les besoins en rabattement vers les pôles d’échange multimodaux, ainsi qu’un certain nombre de corridors permettant de faire du BHNS. Nous avons également intégré à nos appels d’offre le verdissement des flottes.

Modalis va bientôt intégrer les titres TERCréon - Bordeaux fait partie de la feuille de route adoptée avec Bordeaux Métropole il y a deux ans, qui comprend le RER métropolitain et une partie BHNS. La ligne a été lancée en septembre 2019, et sa fréquentation atteint 700 voyageurs par jour. Nous avons aussi lancé La Rochelle - île de Ré en mars 2019, avec des véhicules au bioéthanol. Nous travaillons maintenant sur Blaye - Bordeaux par la rive droite de la Garonne.

L’harmonisation tarifaire a-t-elle été effectuée ?

Le chantier de l’harmonisation tarifaire est derrière nous. Fin 2018, la Région a acté la création d’un syndicat mixte de transports, Nouvelle-Aquitaine Mobilités, compétent sur l’information voyageurs multimodale, l’harmonisation des offres et la mise en place d’une billettique unique, Modalis. Cela permet de mettre en place un MaaS régional, qui intègre les services de location de vélo, le covoiturage, et bientôt la vente de titres TER.

Quelles sont les dispositions adoptées par la Région pour répondre aux besoins des Communautés de communes qui renonceront à la compétence mobilité ?

Nous avons adopté des propositions concrètes, à savoir un contrat opérationnel de mobilité destiné aux Communautés de communes qui décideront de ne pas prendre cette compétence. L’idée est de leur permettre de mettre en place une offre en travaillant sur la base des flux de mobilité, en intégrant les différentes collectivités concernées sur un territoire donné : le Département pour le covoiturage, les Communautés de communes et la Région… Il sera possible d’y inclure des renforts d’offre, davantage de mobilités actives, et d’autres services.

Renaud Lagrave
Fiche n° 42345, créée le 04/01/21 à 09:36 - MàJ le 04/01/21 à 09:58

Renaud Lagrave



Parcours Depuis Jusqu'à
Syndicat mixte Nouvelle-Aquitaine Mobilités
Président Octobre 2018 Aujourd'hui
Octobre 2018 Aujourd'hui
Région Nouvelle-Aquitaine
Vice-président chargé des Infrastructures, des Transports de la mobilité Mars 2015 Aujourd'hui
Mars 2015 Aujourd'hui
Groupement d'intérêt public littoral
Président 2010 Aujourd'hui
2010 Aujourd'hui
Mont-de-Marsan
Conseiller municipal Mars 2008 Aujourd'hui
Mars 2008 Aujourd'hui

Région Nouvelle-Aquitaine
Fiche n° 10528, créée le 05/10/20 à 17:35 - MàJ le 24/11/20 à 12:17

Région Nouvelle-Aquitaine

• Institution politique rassemblant les départements de Charente, Charente-Maritime, Corrèze, Creuse, Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Deux-Sèvres, Vienne, Haute-Vienne.
• Créée par la réforme territoriale de 2015 et effective au 01/01/ 2016
• Compétences exclusives : développement économique, gestion des programmes européens, formation professionnelle, apprentissage et alternance, lycées, aménagement du territoire et environnement, transports.
• Budget régional : 3,2 Md € (2019)
• Préfecture : Bordeaux
• Composition du conseil régional : 183 membres
• Président : Alain Rousset
• Contact : Pierre Lasterra, service de presse - cabinet du président, Rachid Belhadj, service presse
• Tél. : 05 57 57 02 95 / 05 57 57 02 75



Région Nouvelle-Aquitaine
14, Rue François de Sourdis
33000 Bordeaux - FRANCE
vCard meCard .vcf VCARD

SNCF Réseau
Fiche n° 10255, créée le 28/09/20 à 18:33 - MàJ le 11/12/20 à 12:01

SNCF Réseau

• SACP filiale de la SNCF
- maison-mère de SNCF Gares & Connexions
• Création : 01/01/2015 (fusion entre Réseau ferré de France, SNCF Infra et la Direction de la circulation ferroviaire)
- 01/01/2020 : rattachement à la SNCF sous la forme d’une SACP dans le cadre de la réorganisation de la SNCF et de ses filiales
• Mission : gestion et maintenance du réseau ferré national
- 30 000 km de lignes dont 2 600 km de LGV
• Chiffre d’affaires (2019) : 2,35 Md€
• Investissements : 5,5 Md€
• Effectif  : 62 492 employés (juin 2020)
• Président-directeur général : Luc Lallemand
• Contact : Radia Ouarti, directrice de cabinet
• Tél. : 01 71 92 60 00
Plateforme opendata



SNCF Réseau
15-17 rue Jean-Philippe Rameau
93418 La plaine saint denis - FRANCE
vCard meCard .vcf VCARD

Fin
loader mask
1