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Think Mobilités : « Concentrer les efforts de décarbonation sur le TER » (Loïc Brabant, SNCF Voyageurs)

News Tank Mobilités - Paris - Actualité n°319178 - Publié le 21/03/2024 à 17:00
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Loïc Brabant lors du Think Mobilités - ©  D.R.

« La consommation énergétique de l’activité TER Transport express régional est significative, avec des trains fonctionnant à l'électricité ou au diesel. Les trains électriques consomment environ 1,5 térawattheure et la flotte diesel utilise environ 100 millions de litres de carburant par an. Ces sources d'énergie génèrent des émissions de CO2, totalisant 420 000 tonnes par an. C’est un enjeu majeur puisque 20 % du trafic produit 60 % de l’empreinte carbone. Les engagements pris en matière de décarbonation par SNCF Voyageurs • Filiale détenue à 100 % par la holding SNCF SA • Création : 01/01/2020 (remplace SNCF Mobilités dans le cadre de la réorganisation de la SNCF et de ses filiales) • Mission :- TGV-INTERCITÉS… ne seront donc atteints que si TER parvient à décarboner », indique Loïc Brabant Directeur RSE à la direction TER @ SNCF voyageurs
, directeur RSE Responsabilité sociétale des entreprises dans la branche TER de SNCF Voyageurs, lors de sa keynote « Trajectoire partagée et ambitions d’un exploitant ferroviaire » en ouverture du Think Mobilités « Décarbonation des mobilités : quels investissements, coordination et compétences ? » organisé par News Tank Mobilités le 19/03/2024.

280 personnes étaient inscrites à l'événement qui s’est tenu de 9h à 14h à Sorbonne Université, Campus Pierre et Marie Curie (Paris).

Sa prise de parole était précédée par les keynotes :
• « La coopération territoriale au service de la résilience », par Pascal Berteaud Directeur général @ Cerema
• Pascal Berteaud est X-Ponts. Il a occupé différents postes de management opérationnel dans le secteur parapublic, postes en administration centrale et fonctions en cabinet.
, directeur général du Cerema • Établissement public à caractère administratif qui fournit un appui aux collectivités en matière d’ingénierie et d’expertise technique - placé sous la tutelle du ministère de la Transition…  ;
• « Leviers de décarbonation : entre technologie et sobriété », par Aurélien Bigo Doctorant puis chercheur associé @ Chaire Energie et Prospérité (partenariat entre Polytechnique, l'École Normale Supérieure et l’Ensae ParisTech
, chercheur associé à la Chaire énergie et prospérité de l’Institut Louis Bachelier ;
• « Quels soutiens à la décarbonation ? » par Baptiste Perrissin Fabert Directeur général délégué en charge du pôle expertise @ Ademe • Doctorat en économie @ AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement)
, directeur général délégué de l’Ademe • Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle conjointe du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l’Enseignement supérieur… .

Six tables rondes étaient également au programme.


« Les engagements de SNCF Voyageurs ne seront atteints que si TER arrive à décarboner » (L. Brabant)

Chiffres clés

« Le TER est l’activité des trains régionaux de SNCF Voyageurs, couvrant toutes les régions de France à l’exception de l'Île-de-France. Il y a donc 11 autorités organisatrices que sont les Régions. Cette branche emploie 26 000 salariés, comprenant des conducteurs, des contrôleurs, des agents de maintenance, représentant ainsi 40 % des effectifs de SNCF Voyageurs. En 2023, le chiffre d’affaires de cette activité s'élève à 5,8 Md€, avec une perspective d’ouverture à la concurrence de 50 % de ce chiffre d’affaires dans les cinq prochaines années. Actuellement en situation de quasi-monopole sur près de six milliards d’euros, cette ouverture progressive représente un changement significatif pour l’entreprise.

En termes de production quotidienne, le réseau TER opère 8 300 trains et 1 400 autocars, permettant de transporter 1,3 million de voyageurs chaque jour, soit un total annuel de 21 milliards de voyageurs-kilomètres. Cette activité représente environ 20 % du trafic global de SNCF Voyageurs, englobant également Transilien et TGV et Intercités.

La consommation énergétique de l’activité TER est significative, avec des trains fonctionnant à l'électricité ou au diesel. Les trains électriques consomment environ 1,5 térawattheure par an, équivalent à la production d’un réacteur nucléaire pendant trois mois, tandis que la flotte diesel utilise environ 100 millions de litres de carburant par an, soit l'équivalent de la consommation de carburant de tous les véhicules routiers en France sur une journée.

Ces sources d'énergie génèrent des émissions de CO2, totalisant 420 000 tonnes par an, représentant plus de 60 % de l’empreinte carbone de SNCF Voyageurs. C’est un enjeu majeur puisque 20 % du trafic produit 60 % de l’empreinte. Donc les engagements pris en matière de décarbonation ne seront atteints que si TER arrive à décarboner.

Toutefois, notre performance en matière d’empreinte carbone est relativement bonne, avec environ 25 g de CO2 par kilomètre en 2019.

Les dispositifs de réponse

Pour répondre à cet enjeu, un programme interne appelé  »PlaneTER«  a été lancé, visant à réduire ces émissions. Ce programme s’articule autour de deux horizons temporels : d’abord la sobriété énergétique d’ici 2025.

Dans un second temps nous allons essayer de s’appuyer sur des solutions technologiques afin de sortir du diesel pour prolonger la décarbonation. L’implication des employés est cruciale pour nous donc, nous dispensons une formation sur les enjeux du changement climatique et poussons à la collaboration dans l'élaboration de plans d’action opérationnels.

Enfin, une trajectoire alignée sur les accords de Paris a été établie, traduite en objectifs concrets pour guider les actions futures.

Donc nous avons trois objectifs très concrets à aborder. Tout d’abord, en ce qui concerne l’augmentation du nombre de voyageurs dans nos TER, nous visons à éviter les émissions de 500 000 tonnes de CO2 grâce au report modal vers les modes de transport moins carbonés comme le train. Ensuite, en ce qui concerne notre performance interne, nous nous sommes fixés l’objectif de réduire de 100 000 tonnes nos émissions de CO2 d’ici 2025, en réduisant nos consommations énergétiques. Enfin, nous visons à réduire d’un tiers l’empreinte carbone par voyageur.

Les leviers d’actions

Nous disposons de plusieurs leviers d’action, déployés dans divers domaines. En matière d’exploitation, nous avons identifié un potentiel significatif, avec près de 80 % de nos actions contribuant à la réduction de 100 000 tonnes d'émissions qui sont liés à des changements dans les pratiques métiers et les processus opérationnels liés à l’exploitation, à la fois en stationnement, en nettoyage ou en circulation. Par exemple, nous avons optimisé nos processus de conduite grâce à un logiciel qui permet aux conducteurs de se voir proposer une vitesse de référence, favorisant ainsi une conduite plus économe en énergie.

La régularité des trajets est également un facteur crucial, car un train à l’heure consomme moins d'énergie qu’un train en retard, qui nécessite plus de séquences de freinage et d’accélération. C’est un rapport d’un à deux.

Dernier levier, la température à bord des trains. Nous avons ajusté les paramètres de consigne pour réduire la surchauffe en hiver et la surclimatisation en été, contribuant ainsi à une gestion plus efficace de l'énergie.

Loïc Brabant - ©  Seb Lascoux

Quels résultats ?

En ce qui concerne les résultats obtenus fin 2023, nous constatons une progression satisfaisante, avec une augmentation significative de l’utilisation des TER et une réduction notable de nos propres émissions de CO2, bénéficiant ainsi aux voyageurs avec une réduction de leur empreinte carbone de 23 % en trois ans. Nous sommes aujourd’hui environ au niveau d’une voiture électrique.

En ce qui concerne les prochains leviers d’action, nous continuerons à nous concentrer sur l’efficacité énergétique et la sobriété, avec une réduction supplémentaire de 25 000 tonnes d'émissions à chercher. Nous accordons également une importance particulière au développement du biocarburant, qui représente une solution efficace à court terme pour la décarbonation, tout en restant conscient de son caractère transitoire. Sur la ligne Paris-Granville, cela a permis d’éviter 8 000 tonnes de CO2 en 2023. C’est aussi un enjeu économique local, puisque notre biocarburant est produit et transformé en Normandie avec le colza.

Enfin, nous explorons les évolutions technologiques visant à remplacer progressivement les trains diesel, en investissant dans des projets innovants tels que les trains hybrides, l’hydrogène, les rétrofits, la sobriété, et les trains légers. La coopération entre les acteurs du secteur, y compris les autorités organisatrices, les industriels et les organismes publics comme l’Ademe et le Cerema, est essentielle pour la réussite de ces initiatives.

Pour illustrer l’impact de ces leviers sur notre trajectoire de décarbonation, nous avons examiné les émissions actuelles de nos trains diesel, avec une projection vers une sortie progressive des énergies fossiles grâce à l’adoption de biocarburants et de technologies alternatives, ce qui nous permettrait de réduire considérablement nos émissions de CO2 et de nous rapprocher de la neutralité carbone à horizon 2050 et pourrait nous permettre de réussir à sortir des énergies fossiles pour le train en 2035 et réduire d’1,6 million de tonnes nos émissions de CO2. »

Loïc Brabant, directeur RSE TER chez SNCF Voyageurs, lors de Think Mobilités le 19/03/2024.

Loïc Brabant


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Parcours

SNCF voyageurs
Directeur RSE à la direction TER
SNCF Voyageurs
Directeur organisation et synergies
SNCF Réseau
Directeur adjoint établissement circulation
SNCF Réseau
Directeur de cabinet du directeur général IdF
SNCF
Auditeur interne / Chef de mission
SNCF
Dirigeant unité opérationnelle
SNCF
Responsable production ferroviaire
SNCF
Chef de cabinet du directeur de la sécurité ferroviaire
SNCF
Chef de gare FRET

Établissement & diplôme

Fer de France
Promotion Moisson-Desroches
Centre de formation SNCF
Formation
Icam (Institut catholique d’arts et métiers)
Ingénieur

Fiche n° 51021, créée le 04/03/2024 à 13:42 - MàJ le 04/03/2024 à 13:53

SNCF Voyageurs

Filiale détenue à 100 % par la holding SNCF SA
• Création :
01/01/2020 (remplace SNCF Mobilités dans le cadre de la réorganisation de la SNCF et de ses filiales)
• Mission :
- TGV-INTERCITÉS, pour les trains longue distance en France et en Europe (TGV INOUI, OUIGO, INTERCITÉS, Eurostar, Thalys, TGV Lyria…)
- TER, opérateur de trains régionaux pour les onze régions métropolitaines, autorités organisatrices de transport, hors Île-de-France et Corse
- Transilien, opérateur de 15 lignes de train et RER en Île-de-France pour Île-de-France Mobilités
• Effectifs : 65 000 collaborateurs
• Chiffre d’affaires : 19 Md€ (2023)
• Président-directeur général : Christophe Fanichet
• Contact : Olivier Reinsbach, directeur de la communication (depuis janvier 2021)
• Tél. : 01 85 56 50 26
Plateforme opendata


Catégorie : Opérateur ferroviaire
Maison mère : SNCF SA
Entité(s) affiliée(s) : Masteris


Adresse du siège

4 rue André Campra
93210 La plaine saint denis France


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Fiche n° 11190, créée le 25/11/2020 à 12:50 - MàJ le 10/04/2024 à 11:35

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Loïc Brabant lors du Think Mobilités - ©  D.R.